Derrière les façades du quotidien
(Une réflexion de citoyens, sans jugement)
Il y a quelques jours à peine, il y a eu un meurtre-suicide à L'Île-des-Sœurs. Le saviez-vous? Pourquoi ce drame est-il arrivé? Le citoyen moyen de l’île n’en sait rien. Certains en ont parlé, d’autres l’ont lu dans le journal ou l’ont vu ou entendu dans les médias électroniques. Ce genre de nouvelle fait la manchette puis est oublié après quelques jours à peine.
On aimerait en profiter ici pour remercier certaines âmes qui ont pris le temps d’unir leurs efforts afin d’alléger la souffrance des deux jeunes filles, vivant un deuil pénible et difficile à expliquer. En plus de se retrouver sans parent, Charlotte et Julie Lemoine, agées respectivement de 14 et 10 ans ont dû repartir dans leur pays natal, en France, ce mardi 12 février.
Remerciements sincères à Sonia Vaillancourt, Isabelle Gaillot, Sylvie Marrietty, Louise Surprenant, Micheline Charron, Annick Bonhomme, Diane Martinet, le Collège de Montréal, l'École Île-des-Sœurs et bien d’autres.
Ces événements malheureux nous ont inspiré quelques réflexions que nous voudrions ici partager avec vous simplement…sans être moralisateurs.
Notre communauté (ainsi que les gens qui la composent), va-t-elle être dorénavant plus à l’écoute des voisins et/ou des fréquentations sur l’île? Pas nécessairement. C’est le principe du «cela n’arrive qu’aux autres» et du «moi, je me mêle de mes affaires». Ces attitudes ont pour but de nous protéger. Pourtant, elles finissent par nous isoler…surtout si c’est NOUS qui vivons des difficultés ou un drame personnel.
Hélas, trop souvent, on ne veut pas - ou alors on ne peut pas - en parler aux autres, partager, se vider le cœur. On garde sa peine emprisonnée à l’intérieur jusqu’à ce qu’elle éclate ou qu’elle implose. De toute façon, nos voisins et nos amis aussi ont déjà leurs propres problèmes ; alors on n’en parle pas. On vit en communauté sur cette île, mais est-ce qu’on communique vraiment quand ça ne va pas?
Ainsi, nous vivons notre quotidien derrière notre ‘moi social’ et individualiste. Notre demeure n’a souvent d’ouverture que la porte que l’on verrouille à double-tour pour se créer une sécurité. Les édifices sont beaux, leur façade est réchauffée par le soleil, mais derrière ces façades, il y a des êtres humains qui ont besoin les uns des autres.
Que faire alors? Pourrait-on être plus courtois et considérer les autres : en auto, à l’épicerie, dans nos rues, dans nos interactions et dans les espaces communs?
Oui! Il est certain que le civisme et l’écoute peuvent devenir le lien de compassion tacite de la toile de notre communauté.
Il est bon de se mêler de ses propres affaires, mais nous avons tous une sorte de sixième sens, comme une antenne qui nous prévient lorsqu’on ressent que ça ne va pas chez quelqu’un, soit dans une famille ou dans un couple. Il est bon de suivre son instinct, de s’ouvrir un peu à autrui. Cela pourrait vraiment aider. Il suffit d’essayer pour le savoir.
Peut-être, si nous baissions un peu le seuil de notre façade individuelle, pourrions-nous prévenir certains drames en tendant l’oreille et en ayant une ouverture du cœur, de l’âme et de l’esprit. Sait-on jamais ; ce voisin que l’on se plaît d’ignorer pourrait, un jour, être la personne qui sera là pour nous si jamais nous sommes vulnérables ou dans le besoin d’écoute active ou d’action d’intervention.
Merci de nous lire dans ces pensées sociales dédiées à la vie!
Oui, derrière les façades du quotidien, il y a vous et chacun de nous.
Sophie Nouchy et Gleb Chiriaeff
Résidants de L'Île-des-Sœurs.