Sortir de l'impasse
Mardi soir, à la séance du conseil de Verdun, plusieurs citoyens sont intervenus pour parler du transport en commun, à L'Île-des-Soeurs. Certains déplorent la piètre qualité du service alors que d'autres voudraient que l'on réduise le nombre d'autobus qui passent devant leurs propriétés.
Comme le maire Claude Trudel porte aussi le chapeau de président de la Société de transport de Montréal (STM), il est doublement interpellé par ces récriminations. Il reste que dans un rôle comme dans l'autre, il lui est bien difficile de contenter tout le monde, alors que les demandes sont parfois contradictoires.
L'une des premières intervenantes a cité plusieurs exemples pour démontrer que les autobus de la ligne 168, aux heures de pointe, ne répondaient plus aux besoins des usagers. Il arrive souvent que des passagers ne trouvent plus de place pour y monter, tellement ces véhicules sont surchargés. Et c'est sans compter les nombreuses pannes qui obligent les gens à descendre le prochain véhicule qui arrive, la plupart du temps, déjà bondé par des passagers. Cette dame a aussi signalé que des chauffeurs roulaient parfois à des vitesses excessives.
Après avoir reconnu que la dame avait raison, M. Trudel a été forcé d'admettre que la solution à ce problème ne pourrait être apportée avant 18 mois. On a commandé 300 nouveaux véhicules qui remplaceront une partie de la flotte actuelle. En attendant, en raison de leur usure, les véhicules sont de plus en plus difficiles à entretenir. Bref, les usagers sont invités à faire preuve de patience et de compréhension...
Quelques minutes plus tard, au cours de la même période de questions, une autre personne est intervenue pour se plaindre du trop grand nombre d'autobus qui circulent « à vide », sur le chemin de la Pointe Sud. Il n'y aurait pas de demande pour ce service, selon certains résidants qui habitent dans ce secteur. Le passage de ces nombreux véhicules occasionne de nombreux inconvénients aux résidants qui habitent en bordure de cette voie de circulation.
En tant que maire et président de la STM, Claude Trudel a été obligé de répondre que le passage des autobus va se poursuivre. La société de transport a l'obligation d'offrir le service aux citoyens et le chemin de la Pointe Sud est l'unique route pour la circulation de ces véhicules. Il explique que même s'ils circulent à vide, au début du circuit, ils atteignent graduellement leur pleine capacité, à mesure qu'ils progressent dans leur parcours. En provenance du centre-ville, c'est la situation inverse; les autobus sont pleins, lorsqu'ils arrivent dans l'île, mais ils se vident progressivement, à mesure que les passagers en descendent, aux différents arrêts.
Les lignes de métro ne desservent qu'une faible partie de la population, on « étudie » la possibilité de nouveaux trains de banlieue, on cherche de l'argent pour de nouveaux autobus, on n'ose pas augmenter les tarifs, on est à la merci de puissants syndicats, etc. Les besoins grandissent, les services diminuent et « dérangent » ceux qui ne s'en servent pas.
Il faudra bien que l'on finisse par doter la région montréalaise d'un réseau de transport en commun efficace et attrayant pour l'ensemble des usagers. On connaît les besoins et les contraintes; il serait intéressant de pouvoir apprécier des solutions.