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On n'a plus le choix

Pierre Vigneault par Pierre Vigneault
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Article mis en ligne le 1 mai 2008 à 9:23
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On n'a plus le choix
De plus en plus de gens aimeraient ne lus avoir à utiliser leur auto, pour leurs déplacements quotidiens. Ceux qui n'avaient pas encore reconnu l'impact négatif des gaz d'échappement sur la survie de la planète ont fini par être atteints par la montée des prix du carburant.
Malheureusement, des centaines de milliers de travailleurs n'ont pas le choix. Ils sont forcés de se déplacer en auto pour se rendre à leur travail et en revenir, car on ne leur offre pas un service de transport en commun susceptible de répondre à leurs besoins.

Les services publics ne peuvent accommoder tout le monde et c'est bien normal. Ce qui l'est beaucoup moins, c'est de constater que cette difficulté affecte l'immense majorité des travailleurs. Les seules personnes qui peuvent se vanter de bénéficier d'un service rapide et efficace sont celles qui habitent près d'une station de métro ou d'une gare de train de banlieue. Et encore, dans la plupart des cas, elles doivent être en mesure d'ajuster leurs horaires de travail à ceux , souvent très limités, des transporteurs publics...

On semble oublier que la seule façon de faire échec au chantage des grandes pétrolières passe par la réduction du nombre de voitures qui circulent sur les routes. Ce n'est plus un voeu, un souhait; c'est un impératif. On ne parle plus seulement de catastrophes écologiques qui surviendront dans quelques décennies; les crises humanitaires secouent des peuples entiers, aujourd'hui même. Pour faciliter la consommation éhontée de carburant par les gaspilleurs de tout acabit, on sacrifie des récoltes essentielles à la survie de millions d'êtres humains affamés.

Dans une société aussi riche que la nôtre, il est aberrant de constater que l'on persiste à affirmer qu'on n'a pas les moyens de se doter de réseaux de transport en commun efficaces et rapides. Chaque palier de gouvernement se refuse à agir tant qu'il n'aura pas obtenu les sous d'un autre palier de gouvernement. C'est comme si nos dirigeants ne savaient pas que le financement provient toujours de la même source, au bout du compte: le contribuable.

D'ailleurs, avant même de parler de nouveaux investissements, on devrait peut-être s'assurer que les dépenses que l'on fait déjà sont bien contrôlées. On a vu ce qui s'est passé, au cours du dernier week-end, à Toronto, alors que les citoyens ont été privés de transport en commun parce que les syndiqués avaient décidé de faire la grève. La première étape vers la mise en place d'un service de transport en commun efficace devrait donc passer, j'en suis convaincu, par l'abolition du droit de grève dans un secteur aussi essentiel.

Et je me demande bien ce qui empêche nos gouvernements de faire appel au secteur privé pour mettre en place des réseaux efficaces et bien structurés. Nos dirigeants ne pourraient-ils pas établir des objectifs et un cadre qui permettraient à un partenariat public-privé d'offrir un service adéquat à la population? Et cela pourrait se faire dans un délai très court, car on n'aurait pas besoin d'attendre des réponses qui sont toujours conditionnées par des impératifs électoraux.

Bien sûr, les groupes de pression s'empresseraient de dénoncer de tels projets qui permettraient à des entreprises privées de faire des profits. Mais entre les profits des grandes pétrolières internationales et ceux des entrepreneurs de chez nous, je préfère nettement ces derniers. D'ailleurs, on n'a plus vraiment le choix.

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