La somnolence au volant, un phénomène de plus en plus préoccupant
Je vous propose aujourd’hui une analyse peu ordinaire d’une situation qui commence à être inquiétante un peu partout sur les autoroutes de la planète. Partout où il y a eu répression de la vitesse sur les autoroutes, le nombre d’accidents reliés à la fatigue au volant a fortement augmenté. La France qui est un des plus anciens exemples en la matière opère une surveillance radar accru sur les autoroutes depuis 1997. Or entre 1997 et 2007, les accidents imputables à la somnolence sont passés de 1 sur 6 à 1 sur 3 pour devenir la première cause d’accidents sur la route devant l’alcool au volant et devant les excès de vitesse. Mais il est permis aussi de s'interroger sur le bilan infiniment meilleur de l'Allemagne où la vitesse sur autoroute, plus libérale, entretient un état de vigilance très supérieur. Plusieurs analystes commencent à faire le lien entre la vitesse réduite et le sommeil au volant.
Il est bien connu que les longs trajets autoroutiers ont un effet soporifique et à vouloir constamment faire répression sur les excès de vitesse, la société crée un autre problème. La multiplication des mesures comme la loi 42 qui pénalisent les grands excès de vitesse risque fort d’avoir un effet contraire à la solution rechercgée. Nous roulons aujourd'hui moins vite qu'en 1973 sur des itinéraires configurés pour la vitesse, aux commandes de voitures infiniment plus sûres que les carrosses de l'époque. Bilan, on s'ennuie ferme sur le ruban rectiligne. Et l’électronique qui a maintenant une place de choix contribue à cette fatigue accrue. Le régulateur de vitesse ajoute à la torpeur ambiante et une meilleure insonorisation rend la voiture plus silencieuse. Il est clair qu’au premier signe de fatigue, il est indispensable de s'arrêter pour s'offrir une courte sieste réparatrice. Les constructeurs s'emploient à truffer leurs nouveaux modèles de systèmes électroniques qui surveillent l'intervalle de sécurité, la bonne trajectoire ou rectifie une erreur de conduite. Big Brother est à bord et va maintenant observer les clignements de paupières ou la façon de serrer le volant pour détecter toute amorce d'assoupissement. Les constructeurs ne font plus de la médecine préventive, mais tente de guérir un problème qui se répend. Il existe pourtant une solution toute simple : augmenter la vitesse sur autoroute de 20 km/h et le problème est réglé. Les pays qui offrent des lois plus libérales aux chapitres des limites de vitesse ont tous de meilleur bilan autoroutiers. Gens du gouvernement et bien pensants du Québec, il n’y a pas que la vitesse qui tue, l’étroitesse d’esprit, l’imbécillité au volant, le manque d’expérience aussi tue. Au lieu de toujours taper sur le même clou, il serait bon de prendre des notes et de regarder de près la situation à l’échelle de la planète.
À vouloir toujours condamner la vitesse au volant comme le plus grand tort de la planète, on oublie tout le reste.
C’est vrai qu’il existe des zones où la vitesse doit être respecté, zone scolaire, résidentiels, hôpitaux. Mais au Québec, la grande majorité des automobilistes respectent ces zones à risque et il y a très peu de surveillance policière. Au Québec, nous avons une police fiscale qui a pour seul objectif de remplir les coffres de l’état et des municipalités, c’est une taxe involontaire, c’est tout. On s’en prend aux victimes faciles et aux zones payantes pour la surveillance. Si les corps policiers se préoccupait réellement de la sécurité routière, ils seraient plus présents dans les zones à risques. Or c’est dans les sorties de bretelles d’autoroutes à 50 km/h où le risque est nul que l’on fait de la surveillance, on voit bien où sont les objectifs.
Benoit Charette est co-propriétaire et rédacteur en chef de l’Annuel de l’Automobile 2008. Il anime également l’émission En Voiture tous les Samedi à 16 :00 sur les ondes du 98,5 FM de Montréal ou via internet au
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