Un peu de respect!
La période des questions de la séance du conseil du mardi 3 juin, à l'arrondissement de Verdun, a duré près de deux heures. Pour être positif, il faudrait se dire que cela démontre un intérêt légitime pour les affaires municipales, mais à en juger par le ton de certains intervenants, on peut se permettre d'en douter.
Au début de chaque réunion, le maire Claude Trudel demande aux gens de s'en tenir à une durée maximum de deux minutes par intervention. Certains personnes se montrent très respectueuses des règles du jeu alors que d'autres se font un devoir d'essayer de les transgresser.
Mardi soir, on a même entendu un intervenant dénoncer le caractère antidémocratique de la procédure suivie par les élus. Il aurait fallu, selon cet intervenant, que les membres du conseil adaptent leurs décisions aux recommandations exprimées par les personnes présentes dans la salle.
On pourrait croire que c'est par ignorance des procédures ou de l'administration publique que certains citoyens font de telles déclarations, mais je n'en suis pas entièrement convaincu. De toute évidence, pour certaines personnes, il s'agit d'une stratégie qui vise à présenter un portrait négatif des décisions prises par les élus. Je pense que c'est un manque de respect, non seulement pour les élus, mais aussi pour les autres citoyens, que l'on semble prendre pour des dupes.
Il faut dire que l'exemple vient de haut. Il suffit d'allumer le téléviseur pour assister au « spectacle » de représentants du peuple qui dénoncent les actions de leurs adversaires politiques en n'hésitant pas à laisser planer sur eux les pires doutes. Tant à l'Assemblée Nationale qu'à la Chambre des communes, la transmission en direct des débats donne lieu à des élucubrations peu édifiantes.
C'est ainsi qu'il y a quelques semaines, on réclamait la démission de la ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay, à la suite du congédiement du délégué du Québec, à New York, Bruno Fortier. On allait même jusqu'à réclamer la tête du premier ministre Jean Charest, puisqu'il était un ami personnel du délégué. En vertu de quelle logique? On ne l'a jamais démontré. Et je suis prêt à parier que parmi ceux qui lisent ces lignes, il y en a un grand nombre qui avaient déjà complètement oublié ces « catastrophiques » événements...
De ce temps-ci, c'est tout le dossier Couillard-Bernier qui alimente le « show », à Ottawa. Certains députés vont même jusqu'à parler de menaces à la sécurité nationale! Les trois partis d'opposition se « paient la traite » sur le dos des conservateurs et, dans quelques jours, ce sera au tour du camp Harper d'éclabousser ses adversaires avec de nouveaux scandales. Qu'en restera-t-il, en juillet?
Je pense que tant au niveau municipal qu'aux autres instances gouvernementales, on devrait éviter de tenir des propos susceptibles de ternir des réputations, sur la foi de rumeurs et de présomptions. Notre régime parlementaire n'est certainement pas sans faille, mais ce n'est sûrement pas avec des ragots et des accusations sans preuve que l'on parviendra à l'améliorer. Le seul résultat que l'on atteint, c'est un accroissement du cynisme des contribuables envers les élus (de tous les partis) et une constante réduction de la participation aux scrutins électoraux.