Un peu plus près du nouveau pont
Alors qu'il semblait complètement abandonné, il y a quelques années, le projet d'un nouveau pont est aujourd'hui soutenu par 74% des résidants de L'Île-des-Soeurs, selon un récent sondage Léger Marketing. C'est aussi la recommandation unanime formulée par les dix membres du @Ri>Comité de réflexion sur la pertinence de construire un pont reliant les deux rives de l’arrondissement de Verdun<@$p>.
Les membres de ce comité écartent toutefois la possibilité d'utiliser ce futur pont pour la circulation régulière des automobiles et camions. Outre les piétons et cyclistes, seuls les véhicules utilisés pour le transport collectif et les services d'urgence et d'entretien pourraient l'emprunter. Cette restriction (également confirmée par le sondage)témoigne de la résistance des résidants de l'île envers l'utilisation d'un tel équipement par des gens qui n'habitent pas leur quartier. On craint surtout que cet ouvrage permette aux automobilistes de la Rive Sud, de court-circuiter les bouchons des approches du pont Champlain, en passant par l'île. Cette appréhension semble fondée car c'est avec beaucoup de difficulté qu'on est parvenu à bloquer les « tricheurs » qui, jusqu'à tout récemment, venaient encombrer les rues de l'île, à l'heure de pointe de fin de journée.
C'est néanmoins à 47% que les répondants au sondage ont appuyé le projet d'un pont « tout usage » et cela semble démontrer que les gens pourraient accepter cette option, si on pouvait les rassurer sur l'envahissement de leurs rues par des véhicules en transit. Ce n'est toutefois pas un mince défi et le projet de pont est déjà confronté à plusieurs autres embûches. D'ailleurs, dans les meilleurs délais, ce n'est sûrement pas avant plusieurs années que cet équipement pourra être construit.
Les résultats du sondage de Léger Marketing sont assez concluants, mais cela ne constitue pas une approbation officielle du projet . Et pour que cette étape puisse être franchie, les résidants de l'ensemble du territoire de l'arrondissement devront en connaître la nature exacte. D'ailleurs, l'axe retenu (Galt / Marguerite-Bourgeoys) n'est pas définitif et l'on doit tenir compte de la prudence du ministère de l'Environnement à l'endroit des ouvrages qui franchissent des cours d'eau importants. De plus, le facteur « pas dans ma cour » risque aussi d'entrer en compte, lorsque le projet détaillé sera connu...
Les résidants de Verdun sont peu favorables à une augmentation de leurs taxes pour défrayer le coût de cet éventuel pont. Les élus devront donc explorer d'autres avenues, dans un contexte de restrictions budgétaires et de menace de récession. Certaines options permettent d'être prudemment optimiste, à cet égard, mais il reste que les démarches risquent d'être assez laborieuses.
Une fois tous ces obstacles franchis (financement, approbation des citoyens, approbations gouvernementales), il faudra passer aux étapes inhérentes à tous les projets d'envergure. Ce n'est qu'après la confection des plans et devis définitifs, les appels d'offres et l'octroi des soumissions que l'on verra arriver la première pelle mécanique. En étant réaliste, on peut affirmer que ce n'est pas avant cinq ou dix ans, qu'un nouveau pont pourrait relier les deux rives de l'arrondissement de Verdun.
L'échéance de ce projet est encore lointaine, mais on peut quand même dire que le travail efficace des membres de ce comité permet d'affirmer que sa réalisation est dorénavant probable.