Michael Schumacher lors du Grand Prix du Canada de 2002. LA PRESSE CANADIENNE /Frank Gunn
MONTREAL - Le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal entendent continuer de poser des gestes pour assurer qu'une épreuve de la saison de Formule un soit disputée chaque année dans la métropole.
Le Grand Prix du Canada ne figure pas au calendrier 2009 publié mardi par la Fédération internationale de l'automobile (FIA). Ce calendrier prévoyant 18 courses a plutôt retenu une nouvelle épreuve à Abu Dhabi, aux Emirats arabes unis.
C'est la deuxième fois en cinq ans que le Grand Prix de Montréal ne figure pas au calendrier préliminaire de la FIA. La dernière fois, en 2004, c'était en raison de l'interdiction, pour les compagnies de tabac, de commanditer des événements. L'épreuve avait été sauvée à la dernière minute grâce à l'injection de fonds supplémentaires.
LA FIA n'a pas expliqué pourquoi la course de Montréal avait été retirée du calendrier. Des problèmes contractuels entre la direction du circuit Gilles-Villeneuve et le détenteur de droits Formula One Management pourraient être à l'origine de cette décision.
Cette décision fait en sorte qu'il n'y aura pas de course de F1 en Amérique du Nord pour la première fois en 43 ans. Le Grand Prix des Etats-Unis a été abandonné la saison dernière. L'addition d'Abu Dhabi poursuit la tendance asiatique des dernières années, après l'ajout de courses en Malaisie, à Bahreïn, en Turquie, à Singapour et en Chine.
Les dirigeants du Grand Prix du Canada disent avoir appris par les médias le retrait de l'épreuve de Montréal du calendrier 2009 du championnat de Formule 1. Ils ont également déclaré qu'ils n'émettront aucun commentaire avant d'avoir parlé aux principaux intéressés, soit la Formula One Management (FOM) et la Fédération Internationale de l'Automobile (FIA). Un porte-parole devrait rencontrer les médias montréalais mercredi.
En 2008, l'épreuve de Montréal a eu lieu le 8 juin. Cette course avait été menacée également, puisque Bernie Ecclestone, grand manitou de la F1, exigeait d'importantes modifications aux paddocks et à la salle de presse, des modifications qui ont été apportées au coût de 5,5 millions $.
"M. Ecclestone est connu pour négocier de façon bizarre", a déclaré le ministre provincial du Développement économique, Raymond Bachand.
L'an prochain, un Grand Prix est prévu en Turquie le 7 juin. Le Grand Prix du Canada était inscrit au calendrier depuis 1987.
Tremblay veut se battre
Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, est bien déterminé à se battre pour garder l'épreuve - le plus important week-end de tourisme pour la ville - à Montréal.
"Je me suis dit: 'Pas encore', a dit le maire. Ils nous ont fait le coup il y a cinq ans et parce que nous avons mobilisé les Montréalais et les gouvernements, nous avons été en mesure de garder notre Grand Prix. Alors, peut-être qu'on devra tout recommencer."
Tremblay n'a pas manqué de souligner les retombées importantes de la course pour sa ville.
"Le Grand Prix, c'est très important pour Montréal. Ca génère des retombées économiques de plus de 75 millions $, mais bien plus, ça crée la notoriété de Montréal sur la scène internationale. Il y a plus de 300 millions de personnes qui regardent le Grand Prix."
Charest surpris
L'incertitude entourant l'avenir du Grand Prix du Canada a pris le premier ministre Jean Charest par surprise: il a appris en même temps que tout le monde, mardi matin, que l'événement ne figurait pas au calendrier de la saison 2009 de F1. Il tentera d'obtenir plus d'informations auprès des dirigeants du Grand Prix.
Il a rappelé à Québec, mardi, que son gouvernement avait appuyé le Grand Prix du Canada dans le passé en raison de l'importance de ses retombées économiques.
"Chaque fois qu'on a posé un geste autour du Grand Prix, on l'a toujours fait parce que sur une base d'affaires, c'était (...) économiquement rentable pour le Québec. Et on va continuer de l'aborder sous cet angle", a dit M. Charest.
La porte-parole du Parti québécois (PQ) pour les questions concernant la région de Montréal, Nicole Léger, demande au ministre du Développement économique et responsable de la métropole, Raymond Bachand, d'intervenir rapidement pour sauver le Grand Prix du Canada.
Mme Léger rappelle que le gouvernement Charest a annoncé en mai dernier qu'il consacrait 1,5 million $ à la rénovation des paddocks du circuit Gilles-Villeneuve afin d'assurer la continuité du Grand Prix.
Le porte-parole adéquiste des dossiers de finance, Gilles Taillon, s'est pour sa part étonné que M. Bachand n'ait pas été au courant de la situation et n'ait pas réagi plus vite.
"Comment se fait-il qu'il n'a pas réagi plus vite, qu'il a semblé être pris au dépourvu là-dessus? a-t-il demandé lors d'un point de presse. Je ne lui impute pas la responsabilité de l'avoir perdu, je lui impute la responsabilité de ne pas avoir travaillé à le garder."
La présidente de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Isabelle Hudon, a pour sa part affirmé, lors d'un point de presse à Québec, que "Montréal ne peut pas se permettre de ne pas avoir un Grand Prix".
A son avis, il faut tout mettre en oeuvre pour inverser cette décision et contrecarrer "la concurrence féroce" d'autres villes qui veulent supplanter Montréal.
Sur le plan touristique et celui des retombées économiques, un événement comme le Grand Prix est difficile à remplacer, a-t-elle fait valoir.
"C'est de 80 à 90 millions $ dans notre économie à Montréal et au Québec, sans compter le rayonnement international des trois jours du Grand Prix diffusés à travers la planète", a dit Mme Hudon.
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