Les représentants de plusieurs médias télévisés ont participé à la conférence de presse donnée par Jean Cardin et Pierre Boutin.
Raccordements croisés : des mesures seront prises à l'automne
Plusieurs représentants des grands médias ont participé à la rencontre de presse qui avait lieu lundi après-midi, à la Mairie de l'arrondissement de Verdun, en rapport avec le déversement d'eaux usées dans un collecteur d'eau pluviale, dans le quartier L'Île-des-Soeurs. Ils ont appris que des mesures seraient prises à l'automne pour corriger la situation qui résulterait de raccordements croisés, à l'intérieur de certains édifices.
Le problème des raccordements croisés à L'Île-des-Soeurs est connu depuis plusieurs années. On en a fait état, à plusieurs reprises, dans les pages du Magazine et, encore la semaine dernière, l'auteur de ces lignes publiait un texte sur ce sujet, en page éditoriale.
48 sur 8 300
L'ingénieur Jean Cardin est en charge de ce dossier à l'arrondissement de Verdun et il a répondu aux questions des journalistes, le lundi 6 août. Il a profité de l'occasion pour rappeler que c'est seulement 48 résidences (sur les 8 300 visites effectuées) qui sont touchées par ces raccordements inadéquats. Cela représente moins de 1% ( 0,6%) de l'ensemble des immeubles visités. L'arrondissement est arrivé à cette conclusion après avoir visité systématiquement chacune des résidences de l'île et y avoir effectué des tests.
L'étude a débuté en 2003 et s'est terminée en 2005. Le dossier a ensuite été référé à la Ville de Montréal qui analyse différentes options pour forcer les propriétaires concernés à faire les corrections requises. Ceux-ci sont au courant de la situation, mais ils n'auraient pas encore été avisés de façon officielle.
La procédure pour identifier les raccordements croisés consiste à verser un colorant, dans un évier ou une cuvette de toilette, et à repérer la trace de ce colorant dans l'un ou l'autre des collecteurs d'égout. Si le colorant se retrouve dans le collecteur d'égout pluvial, il s'agit donc d'un raccordement croisé, mais cela ne détermine pas, au juste, à quel endroit précis dans le bâtiment le croisement a été fait. Cette responsabilité incombe aux propriétaires concernés qui, comme on peut s'en douter, ne sont pas nécessairement pressés d'effectuer des travaux qui pourraient leur coûter des sommes importantes.
Le dossier est, à prime abord, plus complexe qu'il ne le semble. Les raccordements peuvent résulter de réparations faites par une personne inexpérimentée ou encore d'une erreur commise lors de la construction initiale. Il se peut aussi que le raccordement fautif ait été effectué à la borne de la conduite d'égout municipale et donc à l'extérieur de l'édifice concerné.
On peut aussi se demander si l'administration municipale a une part de responsabilité dans ce dossier. Si les raccordements croisés ont été faits lors de la construction, les inspecteurs municipaux auraient probablement dû s'en rendre compte. À cette hypothèse, le directeur des Travaux publics, Pierre Boutin, répond que les inspecteurs, à l'époque où ces constructions ont été réalisées, avaient peut-être uniquement le mandat d'approuver les plans, sans avoir à s'assurer de leur exécution.
Un dossier complexe
L'arrondissement analyse également une autre possibilité pour expliquer la présence importante de coliformes fécaux dans ce collecteur. Elle pourrait être attribuable à une erreur de raccordement des réseaux municipaux et on effectue présentement des tests pour déterminer si cela aurait pu se produire. En partant de l'embouchure de ce collecteur (près du pont Champlain), on remontera le réseau pour examiner chaque raccordement aux conduites municipales.
À la complexité de ces différentes analyses, il faut ajouter le fait que l'eau du fleuve traverse littéralement l'île par les conduites d'eau pluviales qui la sillonnent. C'est donc uniquement à l'automne, lorsque le niveau du fleuve est bas, que l'on peut effectuer des tests plus sophistiqués. C'est aussi à l'automne que l'arrondissement, de concert avec la Ville de Montréal, déterminera les mesures à prendre pour corriger les raccordements croisés.
Il reste à noter, malgré toute l'ampleur médiatique accordée à ce dossier, que cette situation affecte peu la qualité de l'eau du fleuve. L'ingénieur Cardin a d'ailleurs précisé qu'à 15 mètres de l'embouchure du collecteur, les analyses démontraient déjà un taux de coliformes acceptable.
Dans un autre texte publié dans cette édition, Le Magazine apporte d'autres précisions sur ce dossier.