Une partie de la solution à l,’achalandage sur le pont Champlain réside peut-être dans l’implantation d’un train léger.
La ministre Boulet réaffirme son appui au train léger
Conférencière à un déjeuner d’affaires à Brossard, la ministre des Transports du Québec Julie Boulet a évoqué la situation problématique du Pont Champlain, dont l’achalandage ne cesse de croître, pour expliquer l’importance du projet d’implantation d’un train léger (SLR), comme solution même partielle de la congestion dans cet axe.
Avec l’arrivée du siège social de Bell Canada à L’Île-des-Sœurs, on comprend l’intérêt de Verdun pour le renouvellement et la modernisation de l’axe du Pont-Champlain. Compte tenu de la situation qui se détériore d’année en année sur le Pont Champlain, la ministre Boulet estime qu’on doit agir, rappelant même «que la possibilité de construire un nouveau pont plutôt que restaurer l’actuel en raison des coûts, a été évoqué». La durée de vie utile du Pont Champlain est considérablement réduite par l’accroissement imprévu du trafic de plus de 104% depuis 20 ans. On estime que Le Pont Champlain est le pont le plus achalandé au Canada.
Dans la région, cet axe absorbe 66% des déplacements inter-rives entre la Rive-Sud et Montréal le matin, volant la vedette aux autres ponts. Quand on constate que 130 000 véhicules et 45 000 voyageurs (voies réservées) transitent chaque jour sur le Pont Champlain, on saisit mieux l’ampleur du trafic. L’usure accélérée du Pont s’explique en partie par la croissance du trafic lourd. En effet, le débit anticipé de camions était de deux millions en 1993, et ce nombre est passé à cinq millions en 2004.
La ministre des Transports a rappelé qu’on a prévu l’implantation d’un train léger dans le réaménagement de l’échangeur Taschereau et du tronçon de l’autoroute 10 jusqu’au stationnement incitatif Chevrier. La ministre Boulet, s’appuyant sure les études encourageantes de l’AMT a insisté en disant «espérer voir le projet de SLR se réaliser». La ministre des Transports du Québec n’a pas caché le souci de son gouvernement d’assurer un développement durable, d’où l’intérêt de réduire la circulation des voitures en incitant les gens à utiliser le train léger. La balle est maintenant dans le camp du gouvernement fédéral qui devra assumer une partie des coûts d’aménagement sur ses propres infrastructures (pont et estacade).
Pour la députée de La Pinière et première vice-présidente de l’Assemblée nationale, Fatima Houda-Pepin, le dossier du Système léger sur rails ou SLR est prioritaire. «Les citoyens de la Rive-Sud sont en droit de s’attendre à ce que le gouvernement fédéral se positionne sur ce projet», a-t-elle affirmé.
Le gouvernement fédéral est en effet propriétaire, par le biais de la Société des Ponts du Pont Champlain, d’où l’importance que ce palier de gouvernement prenne position rapidement dans le dossier.
Pour L’Île-des-Sœurs, un SLR avec point d’arrêt possiblement sur la Pointe Nord, permettrait aux travailleurs qui se rendent au centre-ville de laisser leur voiture à la maison, et aussi aux employés de Bell Canada de voyager sans encombre jusqu’à leur lieu de travail.
Présent à ce déjeuner où il n’avait pas été officiellement invité, le sénateur Raymond Lavigne, ex-député de Verdun St-Paul, a rappelé au Messager qu’il fut le premier élu à promouvoir l’idée d’un monorail puis d’un train léger, reliant la Rive-Sud et Verdun via l’estacade du Pont-Champlain. Visiblement contrarié qu’on ne souligne pas son travail de précurseur dans ce dossier, le sénateur Lavigne a quitté discrètement les lieux en plein milieu de la conférence.