Le portrait change à Verdun et à l’Île-des-Sœurs, c’est ce qui ressort d’une étude présentée jeudi dernier.
Une île de plus en plus multiethnique
Près du tiers de la population de l’île-des-Sœurs est immigrante
Une recherche rendue public la semaine dernière illustre une hausse de l'immigration dans les trois quartiers de l'arrondissement, mais en particulier dans celui de L’Île-des-Sœurs.
Ainsi, le taux d'immigrants est passé de 14,1% en 2001 à 19,4% en 2006 à Verdun, soit une augmentation marquée de 5,3%, alors qu'elle n'a été que de 1,2% pour la même période à Montréal, explique le chercheur Karim Lebnan. En 2001, Verdun affichait un pourcentage d'immigrants correspondant à la moitié de la moyenne de Montréal, alors qu'il atteint les deux tiers en 2006.
Verdun compte maintenant 12 590 immigrants dans sa population de 64 480 personnes. La moitié des immigrants (6070) se trouve dans le quartier Wellington-de l'Église, contre un peu plus du tiers (4840) à L'Île-des-Sœurs, et le reste (1675) à Desmarchais-Crawford.
La plus forte hausse à l’Île
C'est à L'Île-des-Sœurs qu'on constate la plus forte hausse entre 2001 et 2006, avec 6,4%, contre 5,9% à Wellington-de l'Église, et 2% à Desmarchais-Crawford.
C'est aussi L'Île-des-Sœurs, avec 29,9% de sa population qui est immigrante, qui rejoint le plus fidèlement la réalité de Montréal, tandis que les immigrants composent 21% de la population de Wellington-de l'Église et 8,5% de celle de Desmarchais-Crawford.
Alors que l'immigration s'implantait surtout dans le quartier Desmarchais-Crawford avant 1970, le quartier de L'Île-des-Sœurs a attiré sa part d'immigrants depuis ce temps. C'est toutefois le quartier Wellington-de l'Église qui a subi le plus de transformation depuis 2001 alors que son immigration locale a doublé.
Attraits et embourgeoisement
Le chercheur indique que le bilinguisme, la proximité du centre-ville de Montréal, le coût abordable des loyers et l'abondance des ressources communautaires sont autant d'attraits qui incitent les immigrants à s'établir dans l’arrondissement Verdun. Une citoyenne souligne que le fleuve, les pistes cyclables et la verdure sont d'autres raisons passées sous silence dans le rapport synthèse.
M. Lebnan souligne l'existence de deux réalités dans un même arrondissement, soit la Terre ferme et L'Île-des-Sœurs, qui est déjà un quartier favorisé. «La Terre ferme est un quartier traditionnellement ouvrier qui est en voie d'embourgeoisement en raison des augmentations de la proportion de propriétaires et de la scolarisation des résidants, ainsi que de la revitalisation urbaine.»
Des recommandations
La recherche englobait les secteurs de l'emploi, l'éducation, la santé, le logement, la sécurité alimentaire, la sécurité publique, les services, la vie démocratique et les femmes. Réalisée au moyen d'une centaine de participants à des questionnaires, ainsi que des groupes cibles, la recherche démontre que les services de l'arrondissement sont connus et utilisés par les immigrants, mais qu'une augmentation des ressources est souhaitable.
«On s'est aperçu que des immigrants ont été désenchanté du service de transport en commun à L'Île-des-Sœurs et que des Chinois, entre autres, ont quitté Verdun parce qu'ils sont déçus des écoles publiques, raconte le chercheur. Il y a aussi des immigrants qui trouvent l'arrondissement malpropre et y déplorent la délinquance et les vols.»
M. Lebnan, qui a formulé 39 recommandations, a exprimé le souhait de jumeler les services de cours de francisation avec les garderies, alors que d'autres ont soulevé la disparition des petites épiceries de quartier et l'absence d'épiceries ethniques, ainsi que la situation des femmes immigrantes qui vivent un dédoublement des obstacles.
Les participants au colloque ont ensuite travaillé en ateliers sur des thèmes précis, afin de «trouver des pistes de solutions pour améliorer les conditions de vie des Verdunois», explique Mme Diop. La Table de concertation en relations interculturelles de Verdun (TCRIV) tracera un bilan de ces réflexions dans une dizaine de jours.